L’Iran a intensifié ses attaques contre les navires pétroliers empruntant le détroit d’Ormuz.
Dimanche, les forces iraniennes ont frappé six navires commerciaux dans le détroit et ses environs, un record sur une seule journée. Cette campagne vise à réaffirmer le contrôle de Téhéran sur l’une des voies maritimes les plus stratégiques au monde pour le transport du pétrole.
## Téhéran menace les navires qui désactivent leurs systèmes de navigation
Alireza Ozmaei, commandant des forces navales du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), a averti que tout navire désactivant ses systèmes de navigation et d’identification dans le détroit serait considéré comme « hostile » et ferait l’objet d’une réponse « ferme et décisive ».
Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a affirmé que les forces navales des Gardiens de la révolution frappaient des navires chaque nuit.
« Nous en ciblons cinq ou six chaque nuit », a-t-il déclaré à la télévision d’État. « Le détroit d’Ormuz est sous le contrôle de la République islamique. »
Il a également accusé les États-Unis d’utiliser de petites embarcations pour transférer clandestinement du pétrole iranien vers des pétroliers de plus grande taille en pleine mer.
Mardi soir, à Téhéran, la marine de l’armée iranienne a annoncé dans un communiqué qu’un « pétrolier en infraction » avait pris feu à l’est du détroit d’Ormuz.
Selon ce communiqué, les forces iraniennes avaient repéré « un pétrolier en infraction qui, après avoir désactivé ses systèmes de suivi et tenté de traverser la zone interdite, a été endommagé puis a pris feu alors qu’il naviguait à l’est du détroit d’Ormuz ».
## L’Iran renforce ses défenses en prévision de nouvelles frappes américaines
Cette campagne maritime s’inscrit dans une mobilisation plus large. Selon plusieurs informations, l’Iran renforce ses défenses, mobilise ses partisans et menace de riposter plus largement et plus durement contre les États-Unis et leurs alliés régionaux.
Téhéran se préparerait à d’éventuelles frappes aériennes américaines après les élections de mi-mandat du 3 novembre, alors que certaines analyses avancent que Donald Trump hésiterait à prendre le risque politique d’une escalade militaire avant le scrutin.
Des images satellites analysées par l’Institute for Science and International Security montrent que des barrières de terre ont été érigées autour des sites nucléaires de Pickaxe Mountain et de Natanz.
Ces aménagements semblent destinés à renforcer la protection des installations nucléaires stratégiques iraniennes en prévision de nouvelles attaques.
## Trois superpétroliers auraient été touchés depuis dimanche
Le Corps des gardiens de la révolution islamique a affirmé que trois superpétroliers avaient été touchés depuis dimanche.
Le premier, un pétrolier-navette transportant 750 000 barils de pétrole brut, aurait ignoré les avertissements des Gardiens de la révolution et tenté d’emprunter une route que l’Iran n’autorisait pas. Il aurait ensuite heurté une mine marine avant de prendre feu, selon les forces iraniennes.
Un deuxième navire aurait heurté une mine dans la partie sud du détroit. Un troisième, qui avait désactivé son système de navigation, aurait pris feu après avoir été frappé lundi matin.
Des images diffusées par des médias affiliés aux Gardiens de la révolution montrent des pétroliers en flammes dans le golfe Persique, tandis que d’épaisses colonnes de fumée noire s’élèvent au-dessus de leurs coques.
L’organisme britannique UK Maritime Trade Operations (UKMTO), chargé de surveiller la sécurité du trafic maritime, a signalé qu’au moins trois navires commerciaux avaient été touchés dans le détroit et ses environs au cours du week-end. Parmi eux figuraient un pétrolier qui tentait de quitter la zone et un porte-conteneurs qui y entrait.
Mardi soir, l’UKMTO a signalé qu’un autre porte-conteneurs avait été touché par un projectile d’origine inconnue.
Dimanche, un drone aurait également provoqué un incendie à bord du *Petro Dolphin*, un pétrolier émirati situé au large d’Oman. Deux marins indiens étaient portés disparus après l’incident.
Iran appears to be taking protective measures around key nuclear sites in anticipation of further attacks## Washington et Téhéran revendiquent le contrôle du détroit
L’Iran présente les explosions comme la conséquence de la présence de mines marines et comme une réponse à des navires qui auraient pénétré dans des zones interdites. Washington affirme, de son côté, renforcer l’escorte des pétroliers dans le détroit et assure que le trafic maritime reprend progressivement.
Les deux camps revendiquent le contrôle de cette voie maritime stratégique.
Les responsables iraniens présentent leur campagne comme une mesure d’autodéfense. Kazem Gharibabadi, vice-ministre des Affaires étrangères chargé des questions juridiques et internationales, a qualifié le détroit d’Ormuz de « ligne rouge en matière de sécurité nationale et d’instrument de défense ».
Selon lui, les restrictions imposées au trafic maritime constituent une réponse aux attaques américaines et israéliennes. Il a également soutenu que les navires pouvaient circuler librement dans le détroit avant le déclenchement de la guerre.
Esmaeil Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a pour sa part affirmé que la sécurité ne pourrait pas être rétablie « tant que les États-Unis maintiendront leur blocus naval et économique contre l’Iran ».
Évoquant les informations faisant état d’un accord de Donald Trump visant à acheter du diesel russe, il a lancé une pique au président américain :
« Si le détroit d’Ormuz est ouvert, pourquoi les États-Unis se sont-ils tournés vers la Russie pour s’approvisionner en carburant ? »
Téhéran aurait par ailleurs conclu un accord avec Oman concernant la mise en place temporaire d’un corridor sécurisé pour le trafic commercial, a-t-il ajouté.
Enfin, Hossein Mohebbim, porte-parole des Gardiens de la révolution, a déclaré que ses forces se préparaient à une « bataille finale ».



