Sociale

Thé ou café : lequel est vraiment meilleur pour la santé ? Des experts tranchent pour le cœur, le cerveau et la ligne

Une étude largement relayée le mois dernier a sans doute donné des sueurs froides aux amateurs de café brûlant.

Selon cette recherche, les personnes qui consomment régulièrement des boissons à une température supérieure à 65 °C seraient trois fois plus susceptibles de développer un cancer mortel de l’œsophage que celles qui privilégient des boissons moins chaudes.

Ce risque serait lié à la manière dont une chaleur extrême peut endommager les cellules situées dans la partie supérieure de l’œsophage.

La nouvelle est particulièrement préoccupante pour les amateurs de café noir, dont la tasse est généralement servie entre 65 et 70 °C. Les amateurs de thé seraient, eux, moins exposés : une tasse de thé avec un peu de lait atteint généralement une température d’environ 57 °C.

Cette étude, menée par l’Université d’Oxford, vient s’ajouter à une longue série de travaux consacrés aux effets du thé et du café sur notre santé.

Au fil des années, ces deux boissons ont tour à tour été présentées comme bénéfiques pour prévenir la démence, protéger le cœur ou encore favoriser la perte de poids.

Mais laquelle est réellement la meilleure pour la santé ? Des spécialistes nous livrent leur analyse et désignent la boisson susceptible d’apporter les plus grands bénéfices.

### Quelle boisson protège le mieux contre les maladies cardiovasculaires ?

Plus de huit millions de personnes vivent avec une maladie cardiovasculaire au Royaume-Uni, soit deux fois plus que le nombre de personnes touchées par le cancer ou la maladie d’Alzheimer réunis.

Le café comme le thé semblent avoir des effets intéressants sur la santé cardiovasculaire, même si le café est souvent considéré comme le plus bénéfique des deux.

« Le café contient des polyphénols, notamment des acides chlorogéniques, qui pourraient contribuer à protéger la paroi des vaisseaux sanguins contre les dommages », explique Ro Huntriss, diététicienne et responsable de la nutrition au sein de la plateforme de perte de poids Simple Life App.

« Cela peut favoriser une meilleure circulation sanguine et limiter l’accumulation de plaques graisseuses dans les artères, un facteur important dans la survenue des infarctus. »

Une méta-analyse publiée en 2026, portant sur 13 études et plus de 600 000 personnes, a montré qu’une consommation régulière et modérée de café était associée à une diminution de 8 % du risque de développer une insuffisance cardiaque, une maladie dans laquelle le cœur ne parvient plus à pomper efficacement le sang dans l’organisme.

« Une consommation modérée correspond à environ deux à quatre tasses par jour », précise Ro Huntriss. « Le café décaféiné compte également, car il conserve une grande partie de ces composés bénéfiques. »

Il convient toutefois de rester prudent. La plupart des études établissant un lien entre café et diminution du risque cardiovasculaire sont observationnelles. Elles ne permettent donc pas de démontrer une relation directe de cause à effet.

L’alimentation, le mode de vie, le tabagisme et d’autres facteurs pourraient également expliquer une partie des résultats.

Par ailleurs, la quantité relativement élevée de caféine contenue dans le café peut avoir des effets indésirables sur le cœur.

« À forte dose, la caféine peut provoquer temporairement une accélération du rythme cardiaque et une hausse de la pression artérielle. Elle peut également entraîner des palpitations, notamment chez les personnes sensibles à la caféine, souffrant d’une hypertension mal contrôlée ou de certains troubles du rythme cardiaque », prévient Ro Huntriss.

« En matière de café, plus n’est pas forcément synonyme de mieux. »

Les recommandations internationales suggèrent qu’une consommation supérieure à quatre ou cinq cafés filtrés par jour, soit environ 400 mg de caféine, pourrait avoir des effets défavorables sur la santé cardiovasculaire.

À titre de comparaison, il faudrait boire entre huit et treize tasses de thé pour atteindre une quantité similaire de caféine.

Le thé semble lui aussi jouer un rôle protecteur. Une vaste analyse publiée en 2024, portant sur près de deux millions de personnes, a constaté que les personnes consommant le plus de thé noir présentaient un risque de décès lié à une maladie cardiaque inférieur de 14 %.

Les chercheurs estiment que la quantité optimale se situerait autour d’une tasse et demie à trois tasses par jour.

Une autre revue scientifique publiée en 2021 a suggéré que certains composés végétaux présents dans le thé, notamment les flavonoïdes et les flavan-3-ols, pourraient expliquer une partie de ses effets bénéfiques sur le cœur.

Cette analyse concluait également que la consommation régulière de deux tasses de thé non sucré par jour permettrait d’apporter une quantité intéressante de flavonoïdes, susceptibles de contribuer à réduire le risque de maladie cardiovasculaire et son évolution.

« Les flavonoïdes pourraient contribuer à préserver la santé et le bon fonctionnement de nos vaisseaux sanguins », explique Nichola Ludlam-Raine, diététicienne et auteure de *How Not To Eat Ultra-Processed*.

« Des essais cliniques randomisés ont également mis en évidence de petites diminutions de la pression artérielle chez les personnes consommant régulièrement du thé noir. »

Mais ce que l’on ajoute dans sa tasse compte également.

« Un thé traditionnel avec un peu de lait peut tout à fait s’intégrer à une alimentation saine et équilibrée. En revanche, ajouter régulièrement plusieurs cuillères à café de sucre augmente considérablement la consommation de sucres libres sans apporter beaucoup de valeur nutritionnelle. Pour la santé cardiovasculaire, c’est avant tout l’ensemble de l’alimentation qui compte. »

**Verdict : le thé**

### Le café peut-il réellement aider à garder la ligne ?

Le principe est simple : pour perdre du poids, il faut généralement consommer moins de calories que l’on en dépense.

Pourtant, les calories apportées par les boissons sont souvent oubliées.

« Le café nature est très peu calorique. Le choisir à la place d’une boisson sucrée ou d’un jus peut donc contribuer à réduire l’apport calorique global », explique Ro Huntriss.

« Le café pourrait également réduire temporairement l’appétit. Il n’est évidemment pas recommandé comme méthode de gestion du poids, mais chez certaines personnes, il pourrait indirectement contribuer à diminuer les quantités consommées. »

Certaines études suggèrent que des composés présents dans le café, plutôt que la caféine elle-même, pourraient agir sur les hormones intestinales impliquées dans les signaux de satiété envoyés au cerveau.

Une étude observationnelle finlandaise publiée en août a notamment constaté que les personnes qui buvaient davantage de café avaient tendance à présenter moins de masse grasse totale et abdominale, ainsi qu’une masse musculaire plus importante.

Même lorsque leur indice de masse corporelle était similaire, les grands consommateurs de café avaient donc tendance à avoir moins de graisse et davantage de muscle. Cette association était particulièrement marquée chez les hommes.

Nichola Ludlam-Raine souligne cependant qu’il faut faire la distinction entre un café noir ou accompagné d’un simple nuage de lait et les grandes boissons contenant sirops, sucre, crème ou chantilly.

« Il n’y a aucun problème à ajouter du lait : il peut même apporter des nutriments intéressants », explique-t-elle.

« Le problème apparaît lorsque de grandes quantités de lait sont associées à plusieurs doses de sirop, du sucre ajouté et/ou de la crème. Une boisson initialement très peu calorique peut alors devenir particulièrement riche en énergie. »

« Consommées régulièrement, ces calories supplémentaires peuvent rapidement s’accumuler. Nous disposons de suffisamment de données pour savoir que la consommation fréquente de ce type de boissons favorise la prise de poids. »

Les preuves sont en revanche beaucoup moins convaincantes concernant le thé noir et la perte de poids.

Une revue publiée en 2024 dans le *British Journal of Nutrition*, portant sur 22 essais et comparant différents types de thé et de café, a analysé leurs effets sur le poids corporel. Le thé noir n’a pas montré d’effet significatif sur la perte de poids, contrairement au café.

« Même si le thé noir contient de la caféine et des polyphénols, les preuves montrant qu’il provoque directement une perte de poids ou aide à maintenir une silhouette plus mince restent limitées », explique Ro Huntriss.

« Son principal avantage est d’être une alternative peu calorique aux boissons sucrées. »

**Verdict : le café**

### La caféine nous aide à rester éveillés… mais peut-elle prévenir la démence ?

Tout le monde sait que le café peut aider à retrouver un peu de vigilance après une mauvaise nuit. Mais pourrait-il également protéger notre cerveau sur le long terme et réduire le risque de démence ?

Certains résultats scientifiques intrigants le laissent penser.

L’année dernière, des chercheurs américains et britanniques ont analysé les données de santé de 130 000 personnes sur une période de 40 ans. Tous les deux ans, les participants devaient notamment indiquer combien de tasses de thé et de café ils consommaient en moyenne.

Le risque de démence le plus faible a été observé chez les personnes buvant deux à trois tasses de café ou une à deux tasses de thé par jour.

Mais, comme le souligne Nichola Ludlam-Raine, « cette étude était observationnelle. Nous ne pouvons donc pas démontrer que les boissons elles-mêmes sont responsables de cette diminution du risque ».

Un effet protecteur reste néanmoins plausible sur le plan biologique.

« Le thé contient différents polyphénols, notamment des flavonoïdes, qui possèdent des propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires. Ils pourraient donc jouer un rôle dans la santé du cerveau et des vaisseaux sanguins », explique-t-elle.

Lorsqu’il s’agit de préserver la santé cérébrale à long terme, le thé et le café peuvent donc parfaitement trouver leur place dans une alimentation équilibrée. Mais ils ne font pas tout.

« Une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, l’absence de tabac, une consommation modérée d’alcool ainsi qu’une vie sociale et intellectuelle active sont autant de facteurs qui jouent un rôle important », rappelle Nichola Ludlam-Raine.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page