Politique

Marine Le Pen promet un bras de fer avec l’Union européenne si elle est élue présidente

Marine Le Pen, figure de l’extrême droite française, promet d’engager un « bras de fer » avec l’Union européenne sur la question du budget européen si elle accède à la présidence de la République en 2027.

L’ancienne présidente du Rassemblement national (RN) figure parmi les principales prétendantes à l’Élysée pour l’élection présidentielle prévue en avril 2027, à l’issue des deux mandats consécutifs d’Emmanuel Macron.

Depuis le début de sa carrière politique, Marine Le Pen a largement construit son discours en opposition à l’Union européenne. Bruxelles cherche actuellement à faire avancer les négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel, qui doit couvrir la période 2028-2034, avant l’élection présidentielle française. Dans un entretien accordé au *Financial Times* depuis son bureau parisien, la responsable politique a jugé cette démarche « profondément contestable ».

« En réalité, je pense que cela révèle le mépris de la Commission pour les processus démocratiques en Europe », a-t-elle déclaré.

Marine Le Pen reconnaît toutefois que sa promesse de réduire la contribution française au budget européen ne sera pas facile à tenir. « Nous savons qu’un débat difficile nous attend, voire un véritable bras de fer. Mais nous avons la volonté et la conviction d’y parvenir », a-t-elle affirmé.

La Commission européenne souhaite parvenir à un accord avant Noël. Les discussions sur le futur budget de l’Union se heurtent néanmoins à des divergences entre la France et l’Allemagne, alors que plusieurs États membres plaident pour des réductions substantielles des dépenses.

Pour la période 2028-2034, la Commission a proposé un budget proche de 2 000 milliards d’euros, un montant nettement supérieur aux quelque 1 200 milliards d’euros prévus pour la période 2021-2027.

L’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas et la Suède souhaitent réduire l’enveloppe de plusieurs centaines de milliards d’euros. La France s’oppose à ces demandes. Emmanuel Macron a notamment défendu la nécessité d’un budget européen « ambitieux ».

Si elle est élue, Marine Le Pen entend mettre en œuvre un plan de cinq ans visant à réduire le déficit public de 140 milliards d’euros. Selon elle, la baisse de la contribution française au budget de l’Union permettrait à elle seule d’économiser 11 milliards d’euros dès 2027.

À terme, Paris limiterait sa contribution nette au budget européen à 5 milliards d’euros, soit un niveau comparable à celui du début des années 2000. Une telle mesure risquerait de provoquer de vives tensions avec les institutions européennes.

Ces négociations interviennent à l’approche d’une année électorale décisive. Dans le paysage politique français, la perspective d’un second tour opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, figure de la gauche radicale, illustre la polarisation croissante de la vie politique à l’approche de l’après-Macron.

Marine Le Pen, entourée de députés du Rassemblement national et de l’Union des droites pour la République (UDR), entend également défendre une ligne économique qu’elle présente comme pragmatique. Crédit photo : AFP/Getty Images.

Créditée de 33 à 37 % des intentions de vote dans certains sondages récents, selon l’article du *Financial Times*, elle reconnaît que sa principale contrainte, en cas de victoire, serait l’ampleur de la dette publique française.

« Une dette gigantesque, énorme… qui pourrait devenir incontrôlable », a-t-elle déclaré.

« La politique est, en réalité, une question de convictions confrontées aux contraintes », a-t-elle ajouté. « Je n’ai aucune intention de renoncer à mes convictions. »

Candidate à l’élection présidentielle pour la quatrième fois, Marine Le Pen pourrait, selon les projections évoquées dans l’article, accéder au second tour pour la troisième fois consécutive. Elle estime que l’année 2027 pourrait constituer un tournant pour les partis nationalistes et eurosceptiques à travers l’Europe.

Les élections également prévues en Espagne, en Italie et en Pologne feront de 2027 un « événement extraordinaire », a-t-elle déclaré, exprimant l’espoir de voir s’ouvrir une nouvelle ère politique sur le continent.

La dirigeante du RN a par ailleurs vivement critiqué Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Selon elle, cette dernière « n’a plus la confiance de nombreux gouvernements de l’Union européenne » et ne devrait donc pas rester en fonction jusqu’à la fin de son mandat, prévue en 2029.

Marine Le Pen avait officiellement lancé sa campagne présidentielle en juillet, dans l’ouest de la France, au lendemain d’une décision de la cour d’appel confirmant sa condamnation dans l’affaire des assistants parlementaires européens, tout en lui permettant de se présenter à l’élection de 2027.

En mars 2025, elle avait été condamnée pour détournement de fonds du Parlement européen destinés à rémunérer des collaborateurs de son parti. La cour d’appel de Paris a ensuite confirmé sa culpabilité, tout en réduisant la durée de son inéligibilité, ce qui lui permet, à ce stade, d’envisager une candidature à la prochaine présidentielle.

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