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Iran : des vols annulés après l’entrée en vigueur de nouvelles sanctions américaines, Riyad dit avoir intercepté des missiles houthis

**DUBAÏ/RIYAD, 24 septembre (Reuters) —** Des vols iraniens à destination de plusieurs pays du Golfe, notamment les Émirats arabes unis, semblaient avoir été annulés jeudi après l’expiration d’un ultimatum américain demandant aux entreprises du monde entier de cesser toute activité avec les compagnies aériennes iraniennes. Une nouvelle étape de la campagne que le président Donald Trump qualifie de « D-Day économique ».

En Arabie saoudite, où l’escalade avec les combattants houthis, soutenus par l’Iran, est devenue ce mois-ci l’un des principaux fronts du conflit plus large qui secoue le Moyen-Orient, les autorités ont annoncé avoir intercepté six missiles balistiques tirés par les Houthis.

Alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran est largement dans l’impasse sur le terrain depuis plusieurs mois, Washington a annoncé un changement de stratégie visant à étendre la portée de ses sanctions financières. Les nouvelles mesures ciblent notamment des entreprises de pays tiers qui continuent de faire affaire avec des sociétés iraniennes, dans le cadre d’un mécanisme appelé « sanctions secondaires ».

Donald Trump avait qualifié cette nouvelle stratégie de « D-Day économique » le mois dernier, faisant référence au débarquement des forces américaines et alliées en France occupée par l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le département du Trésor américain avait fixé au 23 septembre la date limite pour que les entreprises du monde entier cessent de travailler avec les compagnies aériennes iraniennes. Washington affirme vouloir ainsi clouer au sol l’ensemble de la flotte civile iranienne opérant à l’international.

### Des liaisons avec le Golfe suspendues

L’Iran avait menacé mercredi de riposter contre tout pays voisin qui appliquerait l’interdiction américaine visant ses vols, avertissant que ses aéroports pourraient devenir « inutilisables ».

Aucun gouvernement n’avait immédiatement annoncé publiquement la suspension des liaisons avec l’Iran. Mais l’agence de presse iranienne ISNA a rapporté que tous les vols à destination des Émirats arabes unis avaient été suspendus à partir de minuit.

Jeudi, aucun départ ni aucune arrivée en provenance ou à destination de l’Iran n’apparaissait sur les sites internet des aéroports de Dubaï et d’Abou Dhabi. Les sites de deux compagnies aériennes iraniennes, Qeshm Air et Varesh Airlines, indiquaient également que leurs vols vers les Émirats avaient été annulés.

L’Autorité générale de l’aviation civile des Émirats arabes unis et l’Autorité de l’aviation civile de Dubaï n’ont pas répondu dans l’immédiat aux demandes de commentaires de Reuters.

Le site de l’aéroport international Imam Khomeini de Téhéran affichait toujours jeudi des vols au départ et à l’arrivée vers plusieurs pays, notamment l’Afghanistan, l’Arménie, la Chine, l’Irak, le Pakistan, le Tadjikistan et la Turquie. En revanche, aucune liaison avec les pays voisins du Golfe n’y figurait.

Selon l’ISNA, un vol à destination du Tadjikistan avait également dû faire demi-tour après la fermeture de l’espace aérien du Turkménistan.

Une interdiction durable des vols internationaux pourrait accentuer l’isolement de l’Iran et aggraver la crise économique que traverse déjà le pays, confronté par ailleurs à un blocus américain de ses ports maritimes.

« Nous vivons dans une prison à ciel ouvert », a déclaré à Reuters une enseignante retraitée de Téhéran dans un message écrit, demandant à ne pas être identifiée.

### L’Arabie saoudite affirme avoir intercepté six missiles houthis

La guerre, lancée par Donald Trump aux côtés d’Israël en février sous le nom d’« Operation Epic Fury », a perturbé les approvisionnements énergétiques mondiaux, fait des milliers de morts et contribué à la hausse des prix du pétrole.

Le conflit a également ravivé les affrontements dans d’autres pays de la région où l’Iran dispose d’alliés, d’abord au Liban puis au Yémen. Les Houthis ont décrété en juillet un blocus contre l’Arabie saoudite et ont lancé ce mois-ci une offensive rapide contre le gouvernement yéménite soutenu par Riyad.

Les Houthis ont multiplié les tirs en direction du territoire saoudien au cours du mois. Ils affirment que l’aviation saoudienne a mené des centaines de frappes contre le Yémen depuis l’intensification des combats.

L’Arabie saoudite a déclaré jeudi avoir intercepté six missiles balistiques houthis, après l’émission d’alertes d’urgence dans plusieurs zones, notamment autour de La Mecque, de Djeddah et de Yanbu, principal port pétrolier saoudien sur la mer Rouge.

« Toute escalade et toute violation commises par la milice terroriste houthie seront traitées avec fermeté », a déclaré dans un communiqué la coalition dirigée par l’Arabie saoudite qui combat les Houthis au Yémen.

Des sources au sein du gouvernement yéménite reconnu internationalement et soutenu par Riyad ont indiqué que leurs forces avaient repoussé, dans la nuit, des attaques houthis contre une importante voie d’approvisionnement menant à Aden, ville portuaire de l’océan Indien où siège le gouvernement.

Les Houthis, qui contrôlaient déjà le nord du pays, dont la capitale Sanaa, se sont emparés ce mois-ci de l’ensemble du littoral yéménite de la mer Rouge. Ils progressent désormais vers les hauts plateaux voisins, près de Taëz, dans le centre du pays, ainsi que le long de la route reliant Taëz à Aden.

Les combattants houthis maintiennent également la pression sur les forces gouvernementales qui contrôlent le col montagneux escarpé de Hejat al-Abd, un axe essentiel pour les troupes pro-gouvernementales encerclées et pour l’acheminement des marchandises vers Taëz.

La prise de portions supplémentaires de la route entre Taëz et Aden permettrait aux Houthis de renforcer leur contrôle autour de Taëz et porterait un nouveau coup au gouvernement, qui peine à reprendre l’initiative depuis la perte du littoral occidental.

Selon les Nations unies, plus de 700 personnes ont été tuées et plusieurs milliers d’autres blessées dans les derniers combats. Près de 130 000 Yéménites ont été déplacés à l’intérieur du pays, tandis que plus de 3 000 personnes ont fui par bateau à travers la mer Rouge vers l’Afrique.

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