Sociale

Modifier légèrement son alimentation au quotidien pourrait réduire le risque de cancer colorectal

Le changement ne nécessite ni régime contraignant ni aliments exotiques. Selon une vaste étude menée auprès de près d’un million d’adultes aux États-Unis et en Europe, les personnes dont l’alimentation privilégie les fruits, les légumes, les légumineuses, les produits laitiers, le café et le thé présentent un risque plus faible de développer un cancer colorectal.

À l’inverse, limiter la consommation de charcuteries et de boissons sucrées semble également aller dans le sens d’une meilleure prévention.

Publiée dans la revue scientifique *The American Journal of Clinical Nutrition*, cette analyse a notamment été coordonnée avec la participation du Huntsman Cancer Institute de l’Université de l’Utah. Les chercheurs ont regroupé les données de six grandes cohortes, représentant au total 909 282 participants. Leur état de santé a été suivi pendant une durée médiane de 14,9 ans, afin d’identifier les nouveaux cas de cancer colorectal.

## De petits changements alimentaires, des résultats mesurables

Les chercheurs ont évalué les habitudes alimentaires des participants selon leur potentiel à favoriser l’inflammation ou à provoquer des pics d’insuline.

Les résultats montrent que les personnes ayant les habitudes alimentaires les plus favorables présentaient un risque de cancer colorectal inférieur de 18 % pour le profil alimentaire associé à la plus faible stimulation de l’insuline, et de 16 % pour celui associé au niveau d’inflammation le plus bas.

Un score global reflétant une alimentation saine était, quant à lui, associé à une réduction du risque de 20 %.

Les associations les plus marquées ont été observées pour les cancers du côlon distal : les participants ayant les habitudes alimentaires les plus favorables présentaient un risque inférieur d’environ 23 %.

« Le risque de cancer colorectal ne dépend pas d’un seul aliment ou nutriment, mais de l’ensemble des habitudes alimentaires adoptées jour après jour », explique Mary Playdon, chercheuse au département Cancer Control and Population Sciences du Huntsman Cancer Institute.

## Pourquoi ces aliments pourraient-ils jouer un rôle protecteur ?

Les mécanismes biologiques susceptibles d’expliquer ces résultats sont également étudiés par les chercheurs.

Les fruits, les légumes, les légumineuses et les céréales complètes apportent des fibres alimentaires que les bactéries intestinales transforment en acides gras à chaîne courte, notamment en butyrate. Des études en laboratoire suggèrent que cette substance pourrait ralentir la croissance des cellules cancéreuses du côlon.

Une alimentation riche en ces aliments est également associée à des concentrations sanguines plus faibles de protéine C-réactive et d’interleukine-6, deux marqueurs impliqués dans les processus inflammatoires chroniques.

À l’inverse, une alimentation riche en viande rouge et transformée, en boissons sucrées et en céréales raffinées est associée à une évolution défavorable de ces marqueurs.

Il convient toutefois de rappeler que cette étude est observationnelle. Elle ne permet donc pas d’établir un lien de causalité direct ni d’affirmer qu’un aliment particulier suffit à prévenir le cancer. Néanmoins, l’ampleur de l’étude, la diversité géographique des participants et la cohérence des résultats entre les différentes cohortes renforcent l’intérêt de ces observations.

## Un enjeu de santé publique, notamment chez les jeunes adultes

Le cancer colorectal demeure l’une des principales causes de mortalité par cancer aux États-Unis. Selon les projections de l’American Cancer Society, 158 850 nouveaux cas et 55 230 décès liés à cette maladie pourraient être enregistrés dans le pays en 2026.

Si l’incidence diminue chez les personnes âgées, elle augmente en revanche d’environ 3 % par an chez les adultes âgés de 20 à 49 ans.

Cette évolution suscite une attention croissante envers les signes précoces de la maladie, que les jeunes adultes ne devraient pas négliger.

Des symptômes tels qu’une modification persistante du transit intestinal, la présence de sang dans les selles ou une perte de poids inexpliquée doivent conduire à consulter un médecin. Modifier son alimentation ne saurait remplacer un avis médical ni les examens de dépistage recommandés.

« Ce qui est encourageant, c’est que nous avons observé que même des changements relativement modestes en faveur d’une alimentation plus saine étaient associés à une diminution significative du risque de cancer colorectal sur le long terme », souligne Mary Playdon.

## Des gestes simples à adopter au quotidien

En pratique, les changements suggérés par cette étude sont accessibles à tous : intégrer régulièrement des haricots ou des lentilles à ses repas, consommer davantage de légumes, privilégier les fruits et les céréales complètes, ou encore réduire les boissons sucrées et les produits carnés transformés.

Une tasse de café ou de thé, une portion supplémentaire de légumes ou un repas à base de légumineuses ne bouleverseront pas les habitudes alimentaires du jour au lendemain.

Mais, à long terme, ces ajustements simples pourraient contribuer à améliorer la santé digestive et à réduire le risque de cancer colorectal.

Le message essentiel est donc clair : plutôt que de miser sur un aliment miracle ou un régime radical, c’est l’équilibre alimentaire dans son ensemble qui mérite notre attention.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page