Politique

Une femme accusée d’avoir préparé un attentat contre le Capitole de l’État de New York

**Une Américaine convertie à l’islam est accusée d’avoir préparé un attentat contre le Capitole de l’État de New York. Elle aurait envisagé de se faire passer pour une livreuse de repas afin d’introduire une bombe dans le bâtiment et de « tuer les sénateurs ».**

Jessica Bowie, 35 ans, aurait voulu « détruire le plus possible le bâtiment et tuer les sénateurs pendant qu’ils se réunissent », selon une déclaration sous serment d’un agent spécial du FBI affecté à la cellule antiterroriste conjointe d’Albany, où se trouve le siège du gouvernement de l’État de New York.

Selon les documents judiciaires, la suspecte aurait également envisagé de commettre un autre attentat contre la Maison-Blanche et le président Donald Trump.

Jessica Bowie, qui s’est convertie à l’islam il y a environ cinq ans et utiliserait également le nom d’Aisha Saif, a été inculpée pour tentative d’apport de soutien matériel à l’organisation État islamique (EI), a annoncé le département américain de la Justice.

### Un projet d’attentat inspiré par l’État islamique

Selon l’affidavit du FBI, Jessica Bowie aurait prêté une « allégeance formelle » à l’État islamique et aurait discuté de son projet avec des informateurs du FBI qu’elle croyait être des membres de l’organisation terroriste.

Elle aurait notamment expliqué à l’un d’eux qu’elle voulait dissimuler l’explosif dans un sac ressemblant à ceux utilisés par les livreurs de repas.

L’objectif était, selon les enquêteurs, de pouvoir entrer dans le bâtiment en donnant l’apparence d’une livreuse avant de déposer l’engin explosif.

Après l’attaque, elle aurait envisagé de rejoindre des territoires contrôlés par l’État islamique en Syrie. L’organisation ne contrôle toutefois plus de territoire dans le pays.

Les documents judiciaires indiquent également qu’elle aurait évoqué la possibilité de commettre d’autres attaques aux États-Unis, notamment contre la Maison-Blanche et Donald Trump.

« Dans l’idéal, ce serait la Maison-Blanche avec le président, mais c’est encore plus difficile », aurait-elle déclaré à un second informateur. Elle aurait ajouté qu’elle pourrait tenter cette opération « à l’avenir ».

### Des repérages autour du Capitole

The FBI said Jessica Bowie took dozens of photographs of the capitol building - US Department of JusticeThe FBI said Jessica Bowie took dozens of photographs of the capitol building – US Department of Justice

Avant son arrestation, Bowie aurait effectué plusieurs repérages du Capitole de l’État de New York.

Selon le FBI, elle aurait pris des dizaines de photographies du bâtiment et aurait entouré celui-ci en jaune sur une image envoyée à l’un des informateurs.

Elle aurait également passé du temps à proximité du Capitole afin d’observer les lieux et les dispositifs de sécurité. D’après l’affidavit, elle aurait notamment organisé des pique-niques près du bâtiment et pris un café dans le hall d’observation.

La suspecte se serait ensuite rendue dans un centre consacré à la justice sociale afin d’y récupérer de la « littérature anarchiste », qu’elle considérait comme susceptible de lui fournir des conseils utiles pour préparer une éventuelle attaque.

### Du matériel acheté pour fabriquer un explosif

Le 5 août, Bowie aurait rencontré en personne un second informateur du FBI. Celui-ci lui aurait indiqué qu’elle devait se procurer plusieurs éléments nécessaires à la fabrication d’un engin explosif.

Une photographie publiée par le département de la Justice américain la montrerait portant une burqa dans un magasin de bricolage Home Depot à Rensselaer, dans l’État de New York.

Elle y aurait acheté plusieurs articles, dont un grand bac en plastique rempli de clous.

Selon les enquêteurs, elle aurait alors demandé si les clous étaient suffisamment gros, en faisant référence à leur utilisation comme éclats destinés à augmenter les dégâts provoqués par l’explosion.

Le lendemain, elle aurait de nouveau rencontré l’informateur et lui aurait remis un sac de livraison DoorDash destiné, selon les autorités, à dissimuler la bombe.

Elle aurait également acheté une arme à feu ainsi que des munitions.

### Des messages favorables aux attentats du 11-Septembre

Ms Bowie was seen buying materials to make an explosive device, including a plastic bin filled with nails - US Department of JusticeMs Bowie was seen buying materials to make an explosive device, including a plastic bin filled with nails – US Department of Justice

Les enquêteurs affirment que Bowie aurait exprimé sur les réseaux sociaux des positions favorables à l’idéologie djihadiste.

Sous plus d’une douzaine de pseudonymes, dont son nom islamique Aisha Saif, elle aurait publié en arabe des messages décrits par le FBI comme « anti-américains ».

Dans l’un de ces messages, elle aurait écrit : « Louange à Allah pour le 11-Septembre. »

Dans un autre, elle aurait déclaré : « Quand je pourrai émigrer, j’empoisonnerai ces infidèles. »

Au moment de son arrestation, elle aurait été en possession de l’engin explosif présumé, d’une arme à feu, d’un chargeur et de munitions, ainsi que de couteaux et d’une déclaration d’allégeance manuscrite à l’État islamique.

Elle aurait également indiqué aux enquêteurs qu’elle avait obtenu un passeport afin de pouvoir se rendre en Syrie, mais qu’elle ne disposait pas encore de suffisamment d’argent pour financer le voyage.

### Le FBI affirme avoir déjoué l’opération

Les autorités américaines n’ont pas précisé publiquement tous les détails de l’opération ayant conduit à son arrestation. Les documents judiciaires montrent toutefois que plusieurs informateurs du FBI étaient en contact avec Bowie et suivaient l’évolution de ses projets.

Le procureur adjoint principal du district nord de l’État de New York, John Sarcone, a déclaré que son bureau entendait poursuivre « avec fermeté » la procédure et « rendre justice au peuple américain ».

Bowie a comparu devant un tribunal fédéral jeudi.

Les accusations portées contre elle devront désormais être examinées par la justice. Comme tout prévenu aux États-Unis, elle bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à ce qu’une éventuelle culpabilité soit établie par un tribunal.

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