Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a averti qu’une guerre avec l’Europe serait « très brève », alors que les tensions s’intensifient avec Moscou.
Sergueï Lavrov a assuré que la Russie n’avait « aucun intérêt » à attaquer les pays occidentaux, mais que, si elle était attaquée la première, elle riposterait et que l’issue du conflit serait rapide.
« La Russie a répété à plusieurs reprises qu’elle n’allait pas attaquer les pays occidentaux et qu’elle n’avait aucun intérêt à le faire », a-t-il déclaré mercredi lors du Festival international de la jeunesse à Ekaterinbourg.
« Mais si l’Europe, qui parle régulièrement de se préparer à une guerre contre la Russie, attaque la Fédération de Russie, alors ce sera une guerre totalement différente, et elle sera très brève. »
Selon lui, « l’Occident a fait depuis longtemps le choix de contenir la Russie », évoquant notamment ce qu’il qualifie d’expansion « agressive » de l’Otan vers les frontières russes, que Moscou présente comme l’une des raisons de son invasion de l’Ukraine.
Sergueï Lavrov, connu pour ses déclarations souvent très directes, est ministre russe des Affaires étrangères depuis 2004.
Ces déclarations interviennent peu après celles du ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, qui a affirmé que l’Alliance pourrait battre la Russie « rapidement », en mettant en avant la « supériorité écrasante » de l’armée de l’air polonaise.
« Si la Russie nous attaquait et que nous retirions les gants, je pense que nous vaincrions la Russie assez rapidement. Nous avons une supériorité écrasante sur la Russie en matière de puissance aérienne », a-t-il déclaré lundi.
Mercredi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé la création d’un Conseil européen de sécurité afin notamment de mieux répondre aux attaques hybrides.
Elle a indiqué que cette instance pourrait réunir l’Union européenne et plusieurs partenaires, dont le Canada, le Royaume-Uni et la Norvège, afin de mettre en place un « protocole de sécurité d’urgence ».
« L’Europe a besoin de son propre plan de réponse aux menaces hybrides », a-t-elle déclaré dans son discours sur l’état de l’Union devant le Parlement européen, en référence à des opérations telles que les tentatives de sabotage.
« Lorsqu’un État membre déclenchera ce mécanisme, tous les États membres se réuniront pour coordonner une réponse européenne, prévenir toute nouvelle escalade et en limiter les conséquences. »
Mardi, le Danemark a affirmé qu’un navire de guerre russe avait tiré des fusées éclairantes à proximité d’un hélicoptère militaire danois, sans avertissement préalable. Moscou a répliqué en accusant les appareils danois d’avoir effectué des manœuvres dangereuses et des passages à proximité de sa flotte.
Le mois dernier, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s’est rendu exceptionnellement à Moscou. Il s’agissait de la première visite d’un directeur de l’agence américaine dans la capitale russe depuis celle de son prédécesseur, effectuée dans les semaines précédant l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Selon des sources au fait du dossier citées par CBS News et le *Wall Street Journal*, John Ratcliffe se serait rendu à Moscou pour mettre en garde la Russie contre toute attaque visant l’Otan.
Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Dmitri Peskov, a qualifié ces informations de « récits alarmistes », affirmant qu’elles « n’ont rien à voir avec la réalité ».
Il a ajouté que Moscou était « confronté à une politique très agressive » de la part des pays européens.
L’an dernier, Vladimir Poutine avait suscité l’inquiétude en déclarant être « prêt à combattre » l’Europe et en qualifiant les pays européens de « petits cochons », avant de revenir sur ses propos et de suggérer qu’ils avaient été sortis de leur contexte.
Plus tôt ce mois-ci, le président russe a lancé un avertissement particulièrement sévère au Royaume-Uni en raison de son soutien à l’Ukraine.
Interrogé sur la possibilité que la Russie envisage une attaque contre le Royaume-Uni, il avait répondu : « C’est un secret, un secret militaire. »
Il avait ajouté que « toutes les installations militaires en Ukraine sont des cibles légitimes pour nous, qu’elles soient britanniques ou autres ».



