Les apparitions publiques de Donald Trump suscitent une nouvelle fois des interrogations sur son état de santé. Selon le psychologue clinicien et médico-légal John Paul Garrison, plusieurs séquences filmées ces derniers mois montreraient des difficultés d’élocution, des mouvements involontaires et des comportements qu’il juge compatibles avec certains troubles neurologiques.
L’analyse intervient alors que la santé du président américain fait régulièrement l’objet de débats, notamment après la diffusion de vidéos dans lesquelles il semble parfois lutter pour rester éveillé, ainsi que d’images montrant des ecchymoses sur ses mains ou un gonflement au niveau des chevilles.
Donald Trump, qui cherche à afficher une image de dynamisme, affirme de son côté qu’il ne souffre d’aucun problème physique ou cognitif. Son médecin officiel a également livré récemment une évaluation très favorable de son état de santé.
Dans une lettre médicale, le Dr Sean Barbabella affirme que le président bénéficie d’une « excellente santé » et dispose notamment de solides capacités cardiaques, pulmonaires et neurologiques. Donald Trump a par ailleurs affirmé avoir réussi trois tests cognitifs, qu’il utilise régulièrement pour répondre aux interrogations concernant son âge et son endurance.
Mais le Dr John Paul Garrison, qui publie sur YouTube des analyses de comportements observés chez des personnalités publiques sous le nom de « Dr G », estime que les images disponibles méritent davantage d’attention.
## Des difficultés d’élocution jugées « préoccupantes »
Dans sa dernière vidéo, consacrée à plusieurs apparitions de Donald Trump, le psychologue s’attarde notamment sur une séquence tournée lors d’un meeting.
En se dirigeant vers le pupitre, Trump tente de remercier son public. Mais au lieu de prononcer clairement « thank you », il semble produire un son hésitant avant de se reprendre.
Pris isolément, ce type de lapsus n’aurait rien d’exceptionnel. John Paul Garrison le reconnaît lui-même : il est parfaitement courant de trébucher occasionnellement sur ses mots.
Selon lui, le problème résiderait plutôt dans la fréquence de ces épisodes. Le psychologue affirme avoir constaté une évolution dans la manière dont Donald Trump articule certains mots et estime que ces difficultés pourraient, selon son interprétation, être compatibles avec un comportement observé après un accident vasculaire cérébral.
Il va plus loin en évoquant la possibilité que l’ensemble de ces manifestations puisse correspondre à certains troubles cognitifs, notamment à différents types de démence.
Le spécialiste prend toutefois soin de préciser qu’il ne pose aucun diagnostic concernant Donald Trump. Son analyse repose uniquement sur des images accessibles au public et ne constitue pas un examen médical.
US President Donald Trump ## Des mouvements involontaires également observés
Le psychologue s’intéresse également à plusieurs mouvements du bras droit de Donald Trump.
Dans l’une des séquences analysées, le président tient le pupitre tandis que son bras semble effectuer plusieurs mouvements brusques. Pour John Paul Garrison, il ne s’agirait pas nécessairement d’un épisode isolé.
Il affirme avoir observé des mouvements similaires dans différentes apparitions publiques de Trump et estime qu’ils doivent être considérés conjointement avec les difficultés d’élocution.
Selon lui, certains de ces mouvements pourraient s’apparenter à des « spasmes involontaires ». Il suggère également qu’ils semblent plus visibles lorsque Donald Trump est agité ou lorsqu’il n’est pas lui-même en train de parler.
Cette interprétation reste cependant spéculative. À partir d’une vidéo, il est impossible d’établir avec certitude l’origine médicale d’un mouvement involontaire.
## Une accumulation de séquences qui alimente les interrogations
La vidéo du Dr G ne repose pas sur un seul événement. Le psychologue rassemble plusieurs extraits datant des derniers mois afin de défendre l’idée d’un phénomène qu’il considère comme « cumulatif ».
Dans l’une des séquences, Donald Trump lit un poème à voix haute et semble hésiter sur la prononciation du mot « instead ». Dans une autre, il marque un temps d’arrêt avant de prononcer le nom de Hillary Clinton.
John Paul Garrison interprète ces hésitations comme de possibles difficultés à retrouver certains mots. Selon lui, ce type de phénomène peut constituer un signe de trouble cognitif lorsqu’il devient fréquent et s’accompagne d’autres manifestations.
Une autre séquence, tournée lors de l’événement Freedom 250 organisé en juillet pour célébrer le 250e anniversaire des États-Unis, montre Donald Trump se penchant très près d’une personne alors qu’il lui serre la main.
Pour un observateur extérieur, ce geste pourrait simplement s’expliquer par la volonté de mieux entendre son interlocuteur dans un environnement bruyant. Le psychologue propose cependant une autre interprétation et estime que Trump semble parfois avoir davantage de difficultés à contrôler ses mouvements.
Il décrit également une attitude qu’il juge inhabituelle, évoquant un homme qui paraît « mal à l’aise » ou potentiellement « dépassé » par la situation.
Là encore, il reconnaît ne pas avoir accès au dossier médical du président et ne prétend pas pouvoir déterminer la cause de ces comportements.
## Aucun diagnostic médical établi
Ces déclarations doivent donc être replacées dans leur contexte. John Paul Garrison n’a pas examiné Donald Trump et ses conclusions reposent exclusivement sur l’observation de vidéos.
La présence d’un lapsus, d’une hésitation, d’un mouvement involontaire ou d’un changement apparent dans le comportement ne permet pas, à elle seule, de conclure à une démence, à la maladie d’Alzheimer ou aux séquelles d’un AVC.
La Maison-Blanche n’a pas apporté de réponse détaillée à cette nouvelle analyse. L’équipe de Donald Trump a par le passé rejeté ce type de commentaires en les qualifiant notamment de diagnostics réalisés à distance ou d’attaques motivées politiquement.
Pour l’heure, la lettre du Dr Sean Barbabella constitue la principale déclaration médicale officielle citée dans ce dossier. Le médecin y décrit Donald Trump comme étant en excellente santé et ne fait pas état des troubles neurologiques évoqués par le Dr G.
Les vidéos continuent néanmoins de circuler massivement sur les réseaux sociaux. Ses détracteurs y voient la confirmation d’un déclin physique ou cognitif, tandis que ses partisans dénoncent une interprétation excessive de gestes et de maladresses qui peuvent avoir des explications parfaitement banales.
À l’approche d’une échéance électorale majeure, chaque hésitation, chaque mouvement inhabituel et chaque difficulté d’élocution de Donald Trump risque ainsi de faire l’objet d’une attention accrue. Mais les images, aussi nombreuses soient-elles, ne peuvent à elles seules remplacer une véritable évaluation médicale.


