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Aliments ultra-transformés : ceux qui pourraient être associés à un risque accru de démence

La démence est l’une des maladies les plus difficiles auxquelles une personne et son entourage puissent être confrontés. Un diagnostic peut bouleverser la vie du patient, mais aussi celle de sa famille. Il n’est donc pas surprenant que de nombreuses personnes cherchent des moyens de réduire leur risque de développer la maladie.

Et l’alimentation pourrait avoir un rôle à jouer. Une étude chinoise publiée en 2022 a notamment établi une association entre une consommation importante d’aliments ultra-transformés et un risque plus élevé de démence.

Les chercheurs ont suivi 72 083 personnes. Au cours de la période étudiée, 518 participants ont développé une forme de démence, dont 287 cas de maladie d’Alzheimer et 119 cas de démence vasculaire.

Parmi les aliments concernés figurent notamment certaines charcuteries, comme le bacon et les saucisses, ainsi que des boissons contenant des édulcorants artificiels. Ces produits peuvent être présents à différents moments de la journée, du petit-déjeuner au dîner.

## Pourquoi les aliments ultra-transformés pourraient-ils poser problème ?

Dr Rosa Sancho, responsable de la recherche chez Alzheimer’s Research UK, souligne que les raisons précises de cette association ne sont pas encore établies.

Selon les chercheurs, plusieurs mécanismes pourraient toutefois être impliqués. Une alimentation riche en produits ultra-transformés peut notamment apporter moins de nutriments essentiels, comme les fibres, tout en étant plus riche en sucre, en sel et en graisses saturées.

À long terme, ce type d’alimentation pourrait également favoriser certains facteurs de risque connus pour la santé cardiovasculaire et cérébrale, notamment l’hypertension et l’inflammation.

« Nous ne savons pas avec certitude pourquoi les personnes qui consomment davantage d’aliments ultra-transformés présentent un risque accru de démence », explique le Dr Sancho.

D’autres travaux cités par Alzheimer’s Research UK suggèrent par ailleurs qu’une diminution de 10 % de la consommation d’aliments ultra-transformés pourrait être associée à une réduction de 19 % du risque de démence.

Traditional Full English Breakfast with Eggs, Bacon, Sausage, and Baked BeansTraditional Full English Breakfast with Eggs, Bacon, Sausage, and Baked Beans

Il est toutefois important de ne pas considérer l’alimentation comme le seul facteur déterminant pour préserver la santé du cerveau.

« Ce qui est bon pour la santé cardiaque l’est également pour la santé cérébrale », rappelle le Dr Sancho. Elle recommande notamment de rester actif, de conserver une vie sociale et de pratiquer régulièrement des activités et des loisirs que l’on apprécie.

## Quels aliments sont considérés comme ultra-transformés ?

Les aliments ultra-transformés contiennent généralement des ingrédients et des additifs rarement utilisés dans une cuisine traditionnelle : édulcorants, conservateurs, colorants et autres agents destinés à améliorer leur goût, leur texture ou leur durée de conservation.

Ils sont souvent riches en sel, en sucres et en graisses saturées.

Parmi les exemples les plus courants, on retrouve :

* les jambons, saucisses et autres produits de charcuterie ;
* certains pains industriels et céréales pour le petit-déjeuner ;
* les soupes instantanées ;
* les chips et biscuits industriels ;
* les glaces et certains yaourts aromatisés aux fruits ;
* les boissons gazeuses et certaines boissons alcoolisées.

## Un lien également évoqué avec la dépression

Les aliments ultra-transformés ont également été étudiés dans le cadre de la santé mentale.

Une autre étude, menée par le Dr Raaj Mehta de la Harvard Medical School et du Massachusetts General Hospital, a notamment observé une association entre une consommation élevée d’aliments ultra-transformés et un risque plus important de développer une dépression.

Les chercheurs ont également constaté que les personnes ayant réduit leur consommation de ces produits de trois portions par jour étaient moins susceptibles de développer une dépression au cours des quatre années suivantes.

Certains chercheurs ont émis l’hypothèse que les édulcorants artificiels pourraient notamment avoir un effet sur la chimie du cerveau. Là encore, ces résultats ne permettent toutefois pas d’établir à eux seuls un lien de causalité.

Pour protéger sa santé cérébrale sur le long terme, les spécialistes recommandent donc plutôt une approche globale : alimentation variée et équilibrée, activité physique régulière, vie sociale active et contrôle des principaux facteurs de risque cardiovasculaire.

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