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MotoGP : Yamaha sous pression, ses concessionnaires réclament des résultats

**Yamaha se dirige vers une deuxième saison consécutive au dernier rang du championnat des constructeurs en MotoGP. Des résultats qui commencent à inquiéter le réseau de concessionnaires de la marque, alors que le constructeur japonais investit massivement pour retrouver le sommet.**

L’équipe officielle Yamaha avait terminé à la sixième place du championnat en 2025. Mais les performances de son équipe satellite Pramac, seulement 11e, avaient lourdement pénalisé le constructeur au classement général.

Cette saison, la situation est encore plus préoccupante : les deux machines Yamaha occupent actuellement les dernières places du classement des constructeurs, malgré l’arrivée d’un nouveau moteur V4.

Après 12 courses sur 22, Yamaha ne compte que 73 points au championnat des constructeurs. À titre de comparaison, les leaders Aprilia et Ducati ont déjà accumulé plus de 300 points.

## Les concessionnaires Yamaha attendent une réaction

L’ancien agent MotoGP Carlo Pernat estime que les difficultés persistantes de Yamaha et de Honda commencent à avoir des conséquences au-delà des circuits.

Dans un entretien accordé à *La Gazzetta dello Sport*, il a été interrogé sur les perspectives des deux constructeurs japonais à l’approche du changement de réglementation prévu pour 2027.

Yamaha et Honda ont longtemps dominé le championnat du monde. Entre 2002, première saison de l’ère MotoGP, et 2019, les deux constructeurs ont remporté tous les titres sauf un.

Mais la décennie actuelle est largement dominée par Ducati, tandis qu’Aprilia s’est progressivement imposée comme une autre référence parmi les constructeurs européens.

Yamaha et Honda peinent désormais à rivaliser. Depuis le début de la saison 2023, les deux marques japonaises n’ont remporté qu’une seule course et totalisent seulement dix podiums à elles deux.

Pour Carlo Pernat, cette situation est difficilement compréhensible compte tenu des moyens financiers et de l’histoire des deux constructeurs. Il estime surtout que leurs difficultés en MotoGP ont fini par avoir un impact sur leurs activités commerciales.

> « Je sais que Yamaha et Honda sont sous pression de la part de leurs concessionnaires et de leurs distributeurs dans le monde entier. Je pense donc qu’ils vont réagir. »

Selon Pernat, Yamaha dispose toutefois d’une circonstance atténuante : le constructeur a entrepris l’un des changements techniques les plus importants de son histoire avec l’abandon du moteur quatre cylindres en ligne au profit d’un V4.

« Yamaha dépense énormément d’argent. Et surtout, la marque réalise son plus grand changement technique avec le passage au moteur V4 », explique-t-il.

Honda, en revanche, aurait davantage de raisons de s’inquiéter selon lui.

« Honda vend 18 millions de motos par an. Ils ne peuvent pas ne pas réagir. Leurs processus prennent du temps, mais ils progressent aussi depuis deux ou trois ans. Trop lentement, et pas suffisamment, évidemment. L’écart avec Ducati reste beaucoup trop important. »

Pernat estime ainsi que Yamaha peut au moins justifier ses difficultés par la transformation technique actuellement engagée, tandis que Honda aurait pris beaucoup trop de temps pour réagir.

« Si quelqu’un nous avait dit il y a vingt ans que les constructeurs italiens allaient dominer le MotoGP et que Honda et Yamaha ne seraient plus capables de suivre Ducati et Aprilia, on l’aurait probablement envoyé à l’hôpital psychiatrique », lance-t-il.

## Des investissements considérables

Les sommes consacrées au MotoGP montrent pourtant que les constructeurs japonais n’ont pas abandonné leur ambition.

Le budget de Honda pour son programme MotoGP serait d’environ 68 millions de livres sterling, soit près de 79 millions d’euros. Yamaha serait le deuxième constructeur le plus dépensier, avec environ 51 millions de livres, soit près de 59 millions d’euros.

À titre de comparaison, le budget d’Aprilia serait estimé à environ 17 millions de livres.

La question est donc de savoir combien de temps Yamaha pourra continuer à investir autant sans obtenir de résultats à la hauteur des attentes de son réseau commercial.

## Yamaha assure que le MotoGP ne sert pas uniquement à vendre des motos

Paolo Pavesio, directeur général de Yamaha, reconnaît lui aussi qu’il existe toujours un lien entre les performances en compétition et les ventes de motos de série. Il refuse cependant l’idée selon laquelle Yamaha ne participerait au MotoGP que pour des raisons commerciales.

« En tant que constructeurs, nous faisons du sport automobile pour créer un lien avec nos fans et, à terme, vendre des motos », explique-t-il dans un entretien accordé à *Speedweek*.

L’ancien principe selon lequel « on gagne le dimanche et on vend le lundi » serait toutefois devenu beaucoup moins automatique.

« Il est évident qu’une marque plus forte vend davantage ou mieux. C’est pour cela que nous faisons de la compétition », poursuit Pavesio.

Mais selon le dirigeant, le MotoGP offre bien davantage qu’une simple vitrine commerciale.

La compétition permet notamment de développer de nouvelles technologies, de former les ingénieurs et d’améliorer leurs compétences. Elle permet également aux constructeurs de tester leur organisation et leur capacité à résoudre des problèmes dans des conditions particulièrement exigeantes.

Même les périodes difficiles peuvent donc avoir une valeur pour Yamaha.

Reste désormais à savoir si le nouveau moteur V4 permettra au constructeur japonais de transformer ces investissements en résultats concrets. Avec la pression croissante de ses concessionnaires et un marché mondial très concurrentiel, Yamaha aura difficilement droit à une nouvelle saison sans progrès significatifs.

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