Le « syndrome de l’obsession de la longévité » en hausse : ces signes qui doivent alerter

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La quête d’une vie plus longue, voire d’une jeunesse prolongée, est devenue un véritable phénomène de société. Mais selon des spécialistes de la santé mentale, cette recherche de longévité peut parfois basculer dans l’excès et donner naissance à un trouble émergent : le « syndrome de l’obsession de la longévité » (« Longevity Fixation Syndrome »).

Alors que des milliardaires de la technologie investissent des fortunes dans des programmes destinés à ralentir le vieillissement, l’idée qu’il faudrait absolument optimiser chaque aspect de son existence pour vivre plus longtemps s’est progressivement diffusée auprès du grand public.

Les experts de Paracelsus Recovery, une clinique spécialisée en santé mentale basée à Zurich, observent une augmentation des patients dont le quotidien est dominé par la peur du vieillissement et du déclin physique. Cette obsession se manifeste souvent par une anxiété importante, un stress chronique et, dans certains cas, des troubles du comportement alimentaire.

Man adding a scoop of chocolate protein powder into a blender filled with chopped fruits, preparing nutritious shake in the kitchen.Man adding a scoop of chocolate protein powder into a blender filled with chopped fruits, preparing nutritious shake in the kitchen.

« Nous recevons un nombre croissant de personnes dont la vie est entièrement organisée autour de la crainte de vieillir. Ce qui commence comme une démarche de bien-être se transforme parfois en surveillance permanente de soi », explique Jan Gerber, fondateur et directeur général de Paracelsus Recovery.

Selon lui, cette hypervigilance peut devenir contre-productive. « Le stress généré par cet état d’esprit peut être si intense qu’il finit par réduire l’espérance de vie au lieu de l’allonger. Il n’existe pas de longévité durable sans une bonne santé mentale », souligne-t-il.

Quand la recherche du bien-être devient une obsession

Les personnes concernées surveillent souvent leur organisme de manière excessive. Elles multiplient les mesures et les analyses afin de contrôler le moindre paramètre de santé, tout en s’imposant des routines particulièrement strictes.

Parmi les comportements observés figurent notamment :

  • le suivi obsessionnel d’indicateurs tels que la tension artérielle, la qualité du sommeil, la glycémie ou encore certains marqueurs biologiques ;
  • des régimes alimentaires extrêmement restrictifs ;
  • une consommation importante de compléments alimentaires ;
  • des programmes d’entraînement physique intensifs ;
  • le recours à des thérapies controversées destinées à ralentir le vieillissement.

Cette logique de contrôle peut parfois conduire à l’orthorexie, un trouble alimentaire caractérisé par une obsession pour une alimentation jugée parfaitement saine ou « pure ». Les personnes concernées finissent par exclure un nombre croissant d’aliments, au point que leur vie sociale et leur équilibre psychologique peuvent en être affectés.

Le boom de la longévité

Ces dernières années, la longévité est devenue l’un des principaux indicateurs de réussite en matière de santé. Longtemps cantonné aux cercles du biohacking, le mouvement s’est largement démocratisé. Bains glacés, séances de sauna, compléments alimentaires, régimes méditerranéens ou perfusions de vitamines sont désormais présentés comme des outils permettant d’optimiser l’espérance de vie.

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Des personnalités médiatiques ont également contribué à populariser cette tendance. L’entrepreneur américain Bryan Johnson, connu pour son ambitieux programme anti-âge « Project Blueprint », fait régulièrement la une des médias en raison de ses expérimentations visant à ralentir, voire inverser, certains marqueurs du vieillissement.

Porté par cet engouement, le marché mondial de la longévité devrait atteindre plusieurs milliers de milliards de dollars au cours des prochaines années.

Le facteur souvent négligé : les relations humaines

Pour Jan Gerber, le problème n’est pas la volonté de prendre soin de sa santé, mais le fait que cette démarche puisse devenir une source permanente d’angoisse.

« L’anxiété et la solitude ne sont pas séparées de la quête de longévité ; elles en sont souvent le moteur », explique-t-il.

Selon le spécialiste, les personnes qui vivent le plus longtemps ne sont pas nécessairement celles qui exercent le contrôle le plus strict sur leur corps, mais celles qui bénéficient d’un fort soutien social et émotionnel.

En définitive, le véritable « biohack » ne résiderait pas dans un nouveau complément alimentaire ou un protocole sophistiqué. Il pourrait être beaucoup plus simple : cultiver un esprit calme, résilient et préserver des relations humaines de qualité.

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